Quand les dirigeants autoritaires interdisent la musique ou ordonnent la destruction des instruments, nous sommes légitimement effrayés. Pourquoi? Parce qu'ils ouvrent la possibilité d'un monde sans musique? Quelle est la raison d'un tel projet? Pour répondre à cette question, il faut interroger la musique en commençant par le début: qu'est-ce qu'un son? A partir de quand devient-il musical? La musique est-elle un langage, celui des mathématiques ou des émotions, ou une façon très subtile de nous mettre à l'écoute d'un silence, un certain silence qui serait le son inaudible du temps? Mais pas n'importe quel temps, celui de la vie elle-même, experte en variation,qui s'apuie sur tout son passé pour ouvrir un avenir imprévisible. On comprend alors que cet art du temps, incapable de retenir le passé, fasse tembler les dictateurs.